jeudi 8 janvier 2015

Tout mais pas l'indifférence

Tout mais pas ce temps qui meurt
Et les jours qui se ressemblent
Sans saveur et sans couleur

Ai-je déjà précisé que Jean-Jacques Goldman a été le chanteur phare de mon adolescence (et puis après aussi) ? Mais là n’est pas la question.

Hier, deux tueurs (apparemment, ils auraient été identifiés et repérés à l’heure qu’il est mais il faut attendre les résultats de l'enquête) ont répandu la terreur et la mort au siège de Charlie Hebdo. Pour faire taire les indomptables, pour effacer la liberté de s’exprimer sans crainte.

Ils ont répondu au crayon par la kalachnikov !

Car c’est ce qu’ils craignent le plus : la plume et le crayon. Le rire et la dérision.

Ça, et les petites filles qui vont à l’école…

Désolé, les gars, c’est raté ! Pour chaque voix qui se sont éteintes, ce seront deux, dix, cent ou bien mille qui s’élèveront à la place ! Vous n’avez pas tué Charlie !

Vous avez créé une hydre aux têtes innombrables.

Le crayon et la plume… la tolérance et l’humour, la connaissance… sont immortels.

Agnès Marot l’a dit avant moi. Elle prêche une convertie : les mots sont nos armes.

Alors, parce que je ne baisserai pas la tête ni mes armes à moi :

J’emmerde l’Allah de Boko Haram qui tremble devant des petites filles éduquées ! Celui de la République Islamique qui serre les fesses devant les femmes yaziries et kurdes qui leur rendent coup pour coup ! Celui de tous les cons de la Sharia (for Belgium, par exemple !) qui ne trouvent rien de plus gratifiant que d’embrigader des ados déboussolés et de les envoyer au casse-pipe ! Celui l’Al Quaida qui ne sait répondre à des mots et des dessins qu’en tirant dans le tas.

Et tant que j’y suis… J’emmerde dieu aussi… Celui de ces culs bénits des Manifs pour tous, qui dénient à autrui des droits universels. Celui de ces arriérés qui se sont trompés de deux siècles. Qui crachent sur les homos, la libération de la femme et interdisent les spectacles et les expos qui leur semblent indécents.

Le guide du zizi sexuel de Zep… C’est clair qu’on est dans du porno, là !

Je continue à emmerder dieu, donc ! Celui de ces grenouilles de bénitiers qui veulent interdire aux femmes le contrôle de leur corps. Qui diabolisent l’avortement, le corps féminin…
Celui des bleus Marine de tout bord qui ont déjà récupéré le drame et œuvrent pour diviser encore et encore !

Puis tant qu’à faire, je continue dans la même veine : j’emmerde Yavhé ! Celui de ceux qui détruisent des maisons de palestiniens, molestent des familles entières. Celui qui continuent à coloniser un territoire qui n’est pas à eux. Qui se gargarisent des martyrs du passé pour piétiner les larmes et les souffrances de ceux qu’ils martyrisent à leur tour.
Celui de Zemmour, aussi, avec son mépris pour la femme et ce qui est différent…

Voilà ! Tout le monde a des torts. On ne sait toujours pas avec certitude si ce sont des islamistes ou d'autres extrémistes (neo-nazis ?) qui ont commis cette horreur... Et puis il faut aussi célébrer l’humanité en ce qu’elle a de meilleur. La force de se relever encore et encore et ‘Que brûle notre cosmos !’

De chercher là où la tolérance se trouve. De prendre du recul et de refuser de laisser la haine célébrée par ces fous, ces malades, ces meurtriers nous submerger. Parce que là, oui, Charlie serait bien mort !

Rions plutôt. De la peur, de la colère !

Émouvons-nous de la beauté, de l’art.

De la multiculturalité qui, n’en déplaise à certains, reste notre force face à la barbarie !

Et prenons garde à ne pas faire le jeu de ceux qui aimeraient lyncher une partie de la population (musulmans/homos/femmes/…), de l’exclure et de diminuer les droits. 1984 est passé mais ne reste pas loin devant nous…

Charlie n’est pas mort parce que nous pouvons tous relever la bannière. Je manie mal la satire, j’ai un humour tout pourri mais, à ma manière à moi, aujourd’hui et demain et encore après : je suis Charlie !

Et vous ?

1 commentaire:

Il était une fois...

Sinon, à part ça... Je suis à la bourre dans mes corrections Murmures... Faut dire aussi que Muse ne me laisse pas tranquille. Elle se sent...